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Atelier IA · Spécial Éducation

par Mathilda Michel

Atelier pratiquePlaces limitées

Atelier IA
Spécial Éducation

Intégrer l'IA de façon concrète. Maîtriser les outils opérationnels pour enrichir vos cours, différencier vos supports et gagner du temps.

L'IA ne baisse pas l'exigence : elle permet d'aller plus loin

— Mathilda MICHEL

Prochaine session

Mer. 25 novembre

9h → 12h

Enseignants & Formateurs

Maternelle, collège, lycée, BTS, supérieur, formation pro

Responsables pédagogiques

Direction, coordinateurs, référents

4 piliers

Ce que vous allez apprendre

Gagner du temps

Différencier

Innover

Éthique & RGPD

Vision pédagogique

L'IA comme levier, pas comme substitut

Loin de remplacer l'enseignant, l'IA complète notre action. Personnaliser les parcours, différencier les supports, créer du contenu en temps réel…

PersonnalisationDifférenciationInclusionEsprit critique

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Places limitées · 12 personnes

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Retrouvez les réponses sur l'atelier

AtelierÀ distanceÉducation

Programme de l'atelier

Maîtriser les outils pour intégrer l'IA dans votre pédagogie.

Objectifs pédagogiques

✓

Gagner du temps dans la préparation de cours

✓

Différencier les supports (DYS, attention, confiance)

✓

Créer des supports innovants : quiz, podcasts, cartes mentales

✓

Utiliser l'IA de manière éthique et conforme au RGPD

Mon objectif

Vous rendre autonome avec l'IA

Je ne vous apprends pas à utiliser ChatGPT. Je vous apprends à penser avec l'IA, à l'intégrer dans votre quotidien professionnel et à construire vos propres usages. À la fin de la formation, vous ne dépendez plus d'un outil, d'un prompt magique ou d'un formateur : vous savez réfléchir, tester, adapter et utiliser l'intelligence artificielle de manière professionnelle, éthique et efficace.

Avant le cours

Préparer, différencier, anticiper

Pendant le cours

Adapter en direct, personnaliser

Après le cours

Évaluer, améliorer, créer

Versions gratuites privilégiées

Je privilégie les versions gratuites des outils IA et je vous montre comment en tirer le meilleur parti au quotidien, avant même d'envisager un abonnement payant.

Votre boîte à outils complète

4 clés pour utiliser l'IA en autonomie et en sécurité

Tout ce dont vous avez besoin pour repartir opérationnel

Savoir prompter

Clé n°1

Le prompt, c'est votre dialogue avec l'IA. Un bon prompt = un résultat pertinent.

→Techniques de prompts appliquées à l'éducation
→Guide pédagogique prêt à l'emploi
→Exercices pratiques sur vos propres cours
→Itérer et affiner ses demandes

Découvrir les outils essentiels

Clé n°2

Pas besoin de 50 outils. Je vous présente les incontournables testés en conditions réelles, avec leurs forces et limites pour l'enseignement.

→ChatGPT, Gemini, Mistral : lequel choisir ?
→NotebookLM : vos cours en podcasts
→GAMMA : présentations en 2 minutes
→Accessibilité DYS : outils adaptés

Faire sa veille IA en éducation

Clé n°3

L'IA évolue chaque semaine. Je vous donne les bonnes sources et méthodes pour rester à jour sans y passer des heures, avec un focus éducation.

→Sources fiables : newsletters, comptes, sites
→Communautés d'enseignants IA
→Repérer les nouveaux outils utiles
→Routine veille : 15 min/semaine suffisent

Connaître le cadre RGPD

Clé n°4

Utiliser l'IA en classe nécessite de connaître les règles. Je vous donne le cadre clair et les réflexes à adopter pour protéger vos élèves et vous-même.

→Ce qu'il faut savoir sur le RGPD et l'IA
→Données élèves : les interdits absolus
→Mistral AI : l'alternative française conforme
→Checklist RGPD pour enseignants

Partie 1

Comprendre & Cadrer

L'IA générative en éducation

Panorama, démo live, hallucinations

Éthique, RGPD et posture

Biais, données élèves, esprit critique

Prompts pédagogiques

Techniques de prompts pour l'éducation

Partie 2

Pratiquer & Créer

Outils pour l'enseignant

ChatGPT, Gemini, Mistral, NotebookLM, GAMMA

Cas pratiques par matière

Quiz, différenciation, podcast, DYS

Bilan & plan d'action

Feuille de route, ressources à emporter

12 pers.

max

Attestation

À distance

PC + compte IA

Approche

Pédagogie active, pas cours magistral

Démos live

Vos propres contenus

Ateliers pratiques

1er support IA

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  • Checklist RGPD complète avant d'utiliser une IA en classe
  • Plan d'action en 30 jours pour démarrer sereinement
  • Grille d'esprit critique pour vérifier une réponse d'IA

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Article à la une Innovation en Éducation Magazine · Janvier 2026 · « En classe » · pp. 39-41

Personnaliser les apprentissages grâce à l'IA

Par Mathilda Michel, enseignante en BTS

« Chaque expérimentation confirme que ces technologies permettent de rendre la pédagogie plus vivante, inclusive et profondément humaine. »

Lire l'article

Depuis plusieurs années, la différenciation pédagogique s'impose comme une réponse incontournable à la diversité des profils d'élèves. En tant qu'enseignante en droit et en CEJM auprès d'étudiants de BTS, j'ai dès 2023 intégré l'intelligence artificielle dans mes pratiques, convaincue qu'elle peut enrichir nos méthodes et soutenir la réussite de chacun (voir mon article dans le numéro IA, ChatGPT : subir ou s'en saisir ?, sorti en janvier 2023).

Le principal atout de l'IA réside dans sa capacité d'analyse fine qui facilite la personnalisation des parcours. Là où il était difficile ou chronophage de répondre simultanément aux besoins spécifiques de chaque élève, la technologie permet aujourd'hui :

  • de reformuler les consignes ou simplifier les contenus, ce qui est précieux pour les étudiants en difficulté de lecture ou compréhension,
  • de générer des exercices individualisés selon le niveau et les lacunes identifiées, notamment via des quiz ou des cas pratiques tout en respectant les programmes,
  • d'offrir un retour immédiat, sous forme de corrections ou feedbacks automatisés, qui encouragent l'autonomie et la progression.

Concrètement, dans mes classes, j'incite mes étudiants à utiliser des assistants virtuels type GPT (alimentés par mes cours) pour interroger des notions qui leur posent problème ou pour élaborer des exemples (sur ChatGPT, Perplexity, Mistral...). Cette démarche stimule leur curiosité et facilite le travail en autonomie.

Dans ma pratique, les feedbacks générés par l'IA ont trouvé leur place lors des corrections des évaluations. L'IA se concentre souvent sur des aspects formels, comme la précision lexicale ou la correction grammaticale. Cela me permet de me focaliser davantage sur l'analyse du fond et la cohérence des arguments. Je reste toujours présente pour valider, modérer ou nuancer les suggestions de l'outil, car certaines intelligences artificielles peuvent se montrer plus rigides, sanctionnant sévèrement des tournures maladroites que j'aurais pu comprendre, voire valoriser pour leur originalité ou leur sens. Cette complémentarité entre la machine et l'humain est essentielle et très bénéfique pour les élèves qui disposent alors d'une correction très complète pour les aider à progresser.

Accompagner les élèves en difficulté et à besoins spécifiques

L'IA est particulièrement utile pour soutenir les étudiants en difficulté, qu'ils aient des troubles d'apprentissage, des problèmes d'attention ou un manque de confiance. Plusieurs outils me paraissent particulièrement pertinents :

  • Les outils de conversion texte-parole et vice versa, qui facilitent l'accès à la lecture pour les dyslexiques ou dysorthographiques,
  • Les générateurs de cas pratiques adaptés, qui proposent des exercices progressifs et concrets pour renforcer les compétences,
  • Les formats audio ou vidéo, produits à partir de synthèses simplifiées, qui rendent les révisions plus attractives.

Pour ma part, je réalise fréquemment des résumés synthétiques que je convertis en podcasts ou en capsules vidéo avec NotebookLM. Ces formats variés rencontrent un vif succès auprès des étudiants parce qu'ils permettent d'aborder les notions sous un angle différent et avec des outils adaptés à leur mode de consommation de l'information, renforçant ainsi leur confiance et leur autonomie, éléments cruciaux pour leur réussite. C'est l'outil d'intelligence artificielle que j'affectionne le plus en ce moment, celui que j'utilise chaque jour avec mes élèves... et même avec mes filles ! Il me permet de transformer leurs leçons en supports ludiques et personnalisés, créés en quelques secondes à partir de leurs propres fiches ou cahiers d'exercices. À l'approche du BTS, lorsque mes étudiants doivent assimiler un volume considérable de notions vues en classe pendant 2 ans, la conversion des contenus en formats audio ou vidéo devient un levier puissant pour réviser efficacement en plus des supports plus classiques comme les cartes mentales ou les fiches résumés.

ChatGPT, Gemini, Perplexity ou Mistral peuvent être des précieux alliés pour rendre les apprentissages plus inclusifs. Ces IA permettent de générer des cas pratiques adaptés aux élèves DYS, en simplifiant la formulation, en découpant les consignes, en clarifiant le vocabulaire et en proposant des versions progressives d'un même exercice. Je peux ainsi différencier mes supports, tout en maintenant les exigences de fond. Je conçois également mes propres GPT (ChatGPT) ou GEM (Gemini) personnalisés, paramétrés selon mes attentes en matière de simplification de consignes ou de reformulation de textes. Il me suffit ensuite d'y copier mes exercices pour générer automatiquement plusieurs niveaux de difficulté, ce qui facilite grandement la différenciation et l'adaptation des supports à la diversité des profils d'étudiants. En associant ceci à des outils de lecture vocale comme NaturalReader, ces cas deviennent accessibles, personnalisés et engageants, favorisant la réussite de tous les apprenants.

Ne pas laisser les inégalités se creuser

Toutefois, il est essentiel d'aborder l'IA avec lucidité, car elle n'est pas neutre. Certains risques sont à anticiper afin de ne pas accentuer les inégalités entre les élèves. L'accès au numérique est très inégal, selon les équipements, les connexions ou encore les compétences numériques des élèves. Je suis toujours très surprise de l'absence de connaissances ou de curiosité de mes élèves concernant les nouveaux outils IA. De nouvelles applications naissent chaque jour et peu d'entre eux sont au fait des dernières tendances.

Je veille donc à informer mes élèves et à les sensibiliser à l'importance d'un usage réfléchi et critique. Une formation à l'esprit critique est indispensable pour qu'ils apprennent à vérifier les sources, à identifier les biais, et à ne pas se contenter des premières réponses proposées. L'IA ne doit jamais remplacer le travail intellectuel, mais au contraire le soutenir et l'éclairer, nuance pas toujours facile à comprendre pour des élèves habitués à être notés sur le résultat d'une production et non sur la réflexion en elle-même.

Une posture renouvelée pour l'enseignant

Face à l'IA, notre rôle évolue mais reste central. Je me vois comme un accompagnateur qui guide les étudiants dans cet univers numérique. Plutôt que d'être un simple transmetteur, je deviens un médiateur qui expérimente, s'adapte et sélectionne les outils pertinents pour enrichir mes cours.

Cette posture demande curiosité, formation et ouverture. J'expérimente régulièrement de nouvelles approches, en acceptant que toutes ne soient pas immédiatement couronnées de succès. Ce travail d'adaptation constant me permet de proposer des contenus sur mesure, de répondre en direct aux besoins des étudiants en créant en quasi-instantanée du contenu pédagogique adapté à partir d'articles d'actualité, d'extraits de manuels ou de ressources juridiques...

Ce que je trouve très puissant, c'est la réactivité que permet l'IA : en trois minutes, après une question ou un blocage exprimé par un élève, je peux créer un exercice sur mesure ou reformuler une notion autrement. Cela renforce la dynamique de classe, valorise les prises de parole spontanées et soutient une pédagogie vivante, ajustée au fil de la séance.

J'intègre aussi les étudiants dans cette démarche : il est fondamental de les préparer à un usage responsable et éclairé de ces outils, qui seront incontournables dans leur vie professionnelle. Dans mes cours, nous prenons le temps d'analyser les réponses proposées par les IA pour identifier les biais, les approximations ou les oublis, et comprendre comment une machine raisonne. Ensemble, nous décryptons régulièrement l'actualité qui fait le buzz et les dernières innovations en intelligence artificielle, afin de comprendre leurs enjeux économiques, éthiques et juridiques. Cette analyse critique leur apprend à prendre du recul face à l'information, à distinguer le vrai du sensationnel et à réfléchir à l'impact de ces technologies sur leur futur métier. Parce que l'IA est un phénomène mondial, nous abordons également les enjeux internationaux : régulations européennes, stratégies américaines ou asiatiques, et la manière dont ces dynamiques influencent les entreprises et les marchés étudiés en CEJM, offrant ainsi une ouverture précieuse sur le monde professionnel globalisé.

Conclusion

Loin de remplacer le rôle central de l'enseignant, l'IA est un outil qui complète notre action en nous aidant à mieux répondre aux besoins spécifiques des étudiants. Chaque expérimentation confirme que ces technologies permettent de rendre la pédagogie plus vivante, inclusive et profondément humaine.

Pour aller plus loin

Des modèles de prompts prêts à l'emploi sont disponibles gratuitement dans l'espace membre, en haut de cette page.

Article Innovation en Éducation Magazine · Novembre 2024 · « Solutions à la maison » · pp. 60-63

L'écriture manuscrite, amie de l'attention

Par Mathilda Michel, professeur de droit en BTS, et Marie-Laure Fallot, graphoéducatrice

« Écrire de sa main, loin d'être une relique du passé, demeure un levier puissant pour se recentrer, structurer sa pensée, et retrouver le plaisir d'étudier. »

Lire l'article

Dans un contexte éducatif de plus en plus marqué par l'usage omniprésent des outils numériques, la question de la concentration des élèves en classe devient cruciale. En particulier dans le supérieur, où l'exigence de rigueur et de préparation aux examens est élevée. Il est donc essentiel de réfléchir aux meilleures pratiques pour favoriser une attention soutenue et une assimilation efficace des connaissances. Dans cet article, rédigé sous forme de conversation, nous croisons nos expériences de professeur de BTS (Mathilda) et de graphoéducatrice (Marie-Laure), pour explorer les leviers qui favorisent la concentration au service des apprentissages.

Mathilda : En tant que professeur de droit en BTS, je me retrouve souvent face à des problématiques liées à la concentration des élèves en classe. J'ai notamment remarqué que lorsqu'ils utilisent leur ordinateur portable pour prendre des notes, leur attention chute instantanément.

Marie-Laure : C'est un constat fréquent : si l'ordinateur est très utile pour certaines tâches, il peut aussi favoriser une forme de passivité cognitive lors de la prise de notes en classe. Contrairement à l'écriture manuscrite, qui engage davantage le cerveau, l'usage du clavier pousse souvent les étudiants à recopier de manière linéaire, sans véritablement comprendre ou analyser en profondeur. Écrire à la main leur paraît plus exigeant et moins gratifiant sur le moment, ce qui les amène fréquemment à privilégier la facilité immédiate plutôt que ce qui est bénéfique pour un apprentissage durable. Ce comportement révèle également un manque de stratégies d'apprentissage et d'outils pour mieux gérer l'acte d'écriture. Il est donc intéressant d'intervenir sur ces aspects, par exemple en les formant à différentes techniques de prise de notes.

M : Mes élèves me disent qu'ils tapent plus vite qu'ils n'écrivent, je constate cependant qu'avec l'ordinateur ils notent mot à mot, en mode dictaphone ! Ils ont une quantité d'informations mais passent à côté de l'essentiel à comprendre et à assimiler.

ML : En effet, la prise de notes sur l'ordinateur leur semble plus efficace (et facile). Cependant, l'écriture manuscrite a l'avantage d'impliquer à la fois la main et l'œil. Les recherches montrent que l'écriture manuelle active des zones du cerveau liées à la mémoire et à la compréhension que la saisie sur clavier ne stimule pas de la même manière. L'écriture oblige à ralentir, à trier les informations, à se recentrer, à faire une synthèse immédiate ce qui favorise la compréhension. De plus, les notes prises à la main sont souvent plus personnalisées et plus créatives, avec des schémas, des flèches, des annotations qui aident à structurer la pensée. Ce sont des éléments que les étudiants négligent lorsqu'ils optent pour la prise de notes sur ordinateur. J'aime cette citation d'Albert Einstein : « La créativité, c'est l'intelligence qui s'amuse ». Quand l'intelligence s'amuse, la motivation et la concentration sont au rendez-vous ! Je sais que cet aspect est ancré dans ta pédagogie. Peux-tu dire quelques mots au sujet de l'utilisation du jeu au service de la concentration ?

M : En effet, le jeu stimule leur intérêt, les activités ludiques et créatives, ça marche ! Ils aiment particulièrement les jeux de rôle, les escape games et tous les jeux qui mettent le corps en mouvement. J'observe que dans les temps de travail en groupe sous forme de jeu, les étudiants se créent un espace de travail comme s'ils se plaçaient autour d'un feu de camp où les idées circulent facilement. Ils utilisent souvent feuilles et crayons pour noter leurs idées et les partager, c'est alors dynamique, chacun est impliqué et peut intervenir concrètement sur le papier, sur le cheminement de la réflexion. Je remarque que l'utilisation de l'ordinateur dans cette configuration les rend moins acteurs, l'écran agit comme une barrière à l'échange et empêche une vision directe de la production qui nuit à leur concentration. De plus, les outils comme le copier-coller leur font perdre une partie des éléments de la construction de leur pensée, là où les ratures, les flèches et autres astérisques conservent le fil de leur raisonnement. Je constate que ceux qui prennent des notes à la main ont souvent une meilleure maîtrise de leur sujet. Mais cela m'amène à un autre point : les étudiants ont besoin d'ordre et d'organisation dans leurs notes pour avoir envie de les retravailler. J'ai vu des élèves abandonner des révisions simplement parce que leurs cours étaient mal organisés, peu lisibles ou trop brouillons.

ML : Oui, c'est important de prendre en compte et de répondre à leurs besoins légitimes d'efficacité d'organisation et d'ordre. La lisibilité est un facteur important pour l'engagement dans l'apprentissage. Lorsque je rencontre des jeunes qui ont un geste d'écriture « inefficace » (illisibilité, lenteur, douleur) leur retour est unanime : « pas envie d'écrire », « pas envie d'ouvrir les cours »... Dès qu'ils en ont la possibilité, ils se dirigent vers l'ordinateur qui leur apporte confort et lisibilité. C'est aussi une question d'estime de soi : une prise de notes claire et attrayante renforce la confiance des étudiants dans leur capacité à maîtriser le contenu, quel que soit l'outil utilisé (crayon, ordinateur, etc.). Le cerveau privilégie toujours ce qui demande moins d'effort et donc moins d'énergie. Si l'accès aux informations est compliqué ou si elles sont difficiles à lire, le cerveau a tendance à se distraire. Un support agréable et lisible facilite la lecture, améliore la concentration, et place le cerveau dans de meilleures conditions pour apprendre. Il ne s'agit donc pas d'opposer numérique et écriture manuscrite. Les deux ont des avantages et des inconvénients. Il s'agit plutôt de combiner ces outils avec les besoins de chacun pour en retirer le meilleur.

M : Un autre point que j'ai observé : les élèves semblent avoir du mal à tenir sur la durée d'une épreuve écrite. Vers la fin de l'examen, leur écriture devient de moins en moins lisible, et leurs réponses perdent en précision. Ils manquent peut-être d'entraînement ? D'ailleurs, quand je corrige des copies illisibles, je me rends compte que ça me déconcentre rapidement. La difficulté à lire perturbe ma concentration et finit par affecter ma perception de la qualité des réponses des étudiants.

ML : Absolument ! Lorsque le correcteur doit déchiffrer une écriture difficile, son cerveau se fatigue, car il est constamment interrompu dans sa lecture. Cette distraction cognitive entraîne une perte de concentration qui détourne l'attention de l'évaluation du contenu, ce qui peut nuire à l'appréciation de la réponse. En somme, la valeur de la copie en pâtit, car l'effort de lecture finit par éclipser l'essentiel : la qualité de la réflexion de l'étudiant malgré la bienveillance du correcteur. C'est pour cela qu'il est important d'encourager les étudiants à écrire à la main et à maintenir un entraînement régulier pour conserver une écriture lisible, valorisant ainsi pleinement leur travail.

M : J'aimerais aussi avoir ton avis sur les outils d'écriture hybride, comme les tablettes avec stylet. Penses-tu qu'ils pourraient offrir un bon compromis entre la prise de notes numérique et les avantages de l'écriture manuscrite ?

ML : Tout à fait, les solutions hybrides, comme les tablettes avec stylet, peuvent être un bon compromis. Elles permettent de combiner la fluidité et les bénéfices cognitifs de l'écriture manuscrite avec les avantages du numérique, comme la facilité d'organisation et de partage des documents. En écrivant à la main avec un stylet, les étudiants continuent de stimuler les zones du cerveau liées à la mémoire et à la compréhension, tout en bénéficiant de la lisibilité et de la flexibilité qu'offre le numérique : effacer, réorganiser, surligner, annoter. De plus, certains logiciels permettent de transformer ces notes manuscrites en texte « tapé », ce qui leur donne la possibilité de créer des documents lisibles et bien structurés. Ces outils permettent aussi de conserver et d'intégrer à leur document numérique les schémas, illustrations, dessins... faits à la main. Sur ce point, la main est indéniablement plus efficace que le clavier, tant en rapidité d'exécution qu'en capacité créative.

M : C'est vrai, ça me semble être une bonne alternative. Actuellement, je limite l'utilisation des ordinateurs à certaines activités spécifiques, comme la recherche ou les travaux de groupe, et j'encourage plus de prises de notes manuscrites sur les séquences théoriques. En parallèle, j'instaure des séances spécifiques où on utilise des méthodes d'organisation concrètes, comme la création de synthèses imagées et de fiches de révision produites uniquement à la main pour stimuler leur créativité, générer des émotions, capter leur attention. Par exemple, lors d'une séance sur l'environnement des entreprises, je suis amenée à expliquer la notion d'externalité (impact positif et négatif des entreprises sur leur environnement). Pour l'impact positif, j'utilise l'exemple de l'apiculteur qui installe ses ruches au milieu de parcelles agricoles, favorisant la pollinisation et donc la production agricole. Sur leurs fiches, je les incite à dessiner une abeille, une ruche, un pot de miel... pour ancrer sur le papier leur image mentale. J'ai alors toute leur attention, les élèves prennent plaisir à apprendre autrement. De mon côté, je savoure la satisfaction de les voir s'approprier la matière de manière efficace et durable. Je les encourage ensuite à numériser leurs créations pour les avoir à portée de main, n'importe où, n'importe quand. Cette alliance du papier et du numérique respecte les préférences et besoins de chacun, tout en renforçant leur engagement et leur plaisir à apprendre.

ML : Oui, pour favoriser leur concentration, il est essentiel de les placer dans une dynamique active. Se poser des questions, fixer un objectif précis, c'est déjà mobiliser leur attention. Le système réticulé activateur, une structure du cerveau qui régule l'éveil, l'attention et la capacité à filtrer les informations importantes, joue ici un rôle clé. En stimulant ce système avec de petits jeux ou défis en début de cours, on aide le cerveau à se concentrer sur ce qui mérite réellement son attention. Par exemple, en demandant aux étudiants de repérer des mots-clés ou de noter trois idées importantes dès les premières minutes, on active ce filtre naturel qui les aide à capter et retenir les informations les plus pertinentes.

Pour conclure : plus que le choix de l'outil, c'est l'aptitude à bien prendre des notes qui importe, et c'est sur cet aspect que nous devrions entraîner nos étudiants. Dans cette perspective, écrire de sa main, loin d'être une relique du passé, demeure un levier puissant pour se recentrer, structurer sa pensée, et retrouver le plaisir d'étudier. En combinant les techniques modernes du numérique avec les bienfaits éprouvés de l'écriture manuscrite, nous pouvons donner aux étudiants des clés pour réussir, tout en respectant leur rythme et leurs besoins individuels.

Article Innovation en Éducation Magazine · Janvier 2024 · « L'IA et ses applications » · pp. 18-19

J'espère bien que mes élèves utilisent ChatGPT !

Par Mathilda Michel, formatrice en école de commerce

« Face à cette situation, deux alternatives se sont présentées à moi : prohiber ou exploiter. »

Lire l'article

En amorçant ma carrière dans l'enseignement, j'ai eu à cœur de transmettre à mes élèves la joie de pouvoir ouvrir leur esprit au monde de la culture, tout comme mes propres enseignants l'avaient fait à mon égard, quelques années auparavant. Néanmoins, je me suis rapidement heurtée à la réalité de nos élèves, qui consacrent une grande partie de leur temps en classe à l'utilisation d'ordinateurs et de smartphones. Face à cette situation, deux alternatives se sont présentées à moi : prohiber ou exploiter. J'ai opté pour la seconde possibilité, qui me semble la plus propice à l'épanouissement de mes élèves.

Nous assumons la lourde responsabilité de former les individus qui seront les forces vives de demain, dans un monde en constante évolution. Proscrire l'accès à des ressources telles que ChatGPT et les intelligences artificielles (IA) m'apparaît dénué de sens. Au contraire, les accompagner pour les utiliser judicieusement, en tirer le meilleur parti, et maîtriser les données qui y sont injectées revêt une importance capitale. C'est leur permettre d'entrer sur le marché du travail avec un bagage supplémentaire, enrichissant ainsi leurs compétences et leur polyvalence.

Comment je l'intègre dans mes cours

Dans un premier temps, j'ai abordé la question de ChatGPT et des IA de manière informelle avec mes élèves, en cherchant à savoir qui avait déjà eu l'occasion de les utiliser et dans quel contexte. Nous avons pris le temps de débattre ensemble sur le thème des IA. Certains élèves étaient intrigués, d'autres complètement fermés, presque apeurés (ne pas oublier ces élèves, dont l'opinion est souvent isolée au sein du groupe) mais tous étaient intéressés par ce sujet.

Par la suite, je les ai encouragés à recourir à ces outils pour répondre à des exercices assez classiques, dans le but d'illustrer le contenu du cours. J'ai d'ailleurs été surprise de voir que seulement quelques élèves osaient se servir des IA, malgré mon autorisation (j'aurais pu initialement penser le contraire). Évidemment, en autorisant mes élèves à les utiliser, j'avais déjà une idée en tête, pour les inciter à être actifs, à rebondir sur la réponse si facilement acquise.

Par exemple, lors de la correction d'un exercice effectué avec l'assistance de ChatGPT, j'ai challengé les élèves en leur demandant de fournir à l'oral, en correction collective, une réponse en un seul mot, même si ChatGPT avait souvent généré des réponses rédigées de manière assez longue. Mon objectif n'est pas tant de trouver la réponse exacte à la question posée, mais plutôt de stimuler leur esprit critique et d'encourager leur réflexion.

Il est également essentiel de rappeler régulièrement à mes élèves qu'au jour de l'examen du BTS, ils ne disposeront pas de l'accès à ChatGPT. Ce dernier n'est qu'un instrument et non une fin en soi. Il nous incombe donc de diversifier nos méthodes pédagogiques pour les émanciper de leur dépendance aux outils informatiques.

Est-il essentiel pour un élève en préparation au BTS de connaître par cœur des textes juridiques, des articles ou des lois ? À mon sens, cela revêt une importance relative. Ce qui est essentiel avant tout, c'est qu'ils puissent se souvenir que nous avons abordé ce sujet en cours et qu'ils soient en mesure de rechercher des réponses à leurs interrogations, et surtout d'en comprendre les solutions.

Grâce aux intelligences artificielles, les élèves sont désormais en mesure de poser des questions précises (c'est un apprentissage à part entière) pour se remémorer les éléments de droit enseignés en cours et les appliquer à leur vie future. Nous les premiers, enseignants, nous ne connaissons pas tout sur tout, mais nous avons cette capacité à aller chercher et décoder l'information. J'ai envie de leur transmettre cette force.

Changer de regard sur les cours

Enseigner c'est à mon sens partager, transmettre mais cela n'est possible que dans un contexte favorable. L'utilisation d'outils novateurs génère des émotions positives, du bien-être, les apprentissages se font dans la bonne humeur, ce qui permet un ancrage plus solide des notions.

Les élèves qui sentent que nous nous intéressons à leur monde, à leur passions, sont plus enclins à être intéressés par ce que nous leur transmettons. Je l'ai vu à plusieurs reprises dans leurs yeux et dans leur implication résolument plus active, lorsque les outils informatiques sont autorisés.

Conseils pratiques aux enseignants

Enseigner aussi les failles

L'intelligence artificielle présente des aspects néfastes, il est impératif d'en avoir pleinement conscience et d'informer nos élèves sur ces risques. C'est une responsabilité qui nous incombe. Cependant, se priver de son utilisation reviendrait à s'isoler des progrès du monde contemporain. Les dangers inhérents aux intelligences artificielles, tels que l'utilisation des données, la perte du contact humain, les biais et discriminations, sont des problématiques dont peu d'élèves sont actuellement conscients (notons que la version gratuite de ChatGPT, par exemple, ne collecte plus de données postérieures à l'année 2021). Les IA sont des robots dotés d'algorithmes qui se nourrissent de ce qu'on leur donne, les élèves doivent avoir conscience qu'ils injectent des données qui pourront être réutilisées par les IA et que les réponses sont également orientées par leur propre programmation (il est facile, par exemple, de supprimer des pans entiers de l'Histoire dans une IA).

L'art de bien rédiger ses prompts

Un des éléments les plus importants pour moi dans l'utilisation des IA en classe, est l'apprentissage de la rédaction de prompts. Ce court texte représente une sorte de directive, orientant l'intelligence artificielle dans la création d'un texte ou d'une image. Comme le souligne ChatGPT : « la formulation du prompt peut influencer la qualité de la réponse obtenue. Un prompt bien formulé peut induire des réponses plus précises, détaillées et utiles. À l'inverse, un prompt mal formulé ou ambigu peut entraîner des réponses inappropriées ou incomplètes ». Challenger nos élèves sur la rédaction du meilleur prompt peut vraiment être un moyen de les motiver à s'intéresser à un sujet donné et stimuler le groupe classe.

Pour terminer, il est également pertinent de considérer le gain de temps que peuvent nous procurer les IA dans nos propres processus de préparation de cours, temps qui pourra être mis à profit pour proposer des contenus plus personnalisés et plus innovants.

Pour aller plus loin sur les prompts

Des modèles de prompts prêts à l'emploi sont disponibles gratuitement dans l'espace membre, en haut de cette page.

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Qui suis-je ?

Mathilda Michel

Je suis professeure de Droit et de CEJM en BTS depuis 2018. J'aime croiser l'expérience du terrain et l'observation fine de mes élèves : ce qui les motive, ce qui les bloque, ce qui les fait progresser.

Mon objectif est simple : leur donner des outils qui renforcent leur attention, leur autonomie et leur capacité à réussir — aujourd'hui, et dans le monde qui arrive.

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Le déclic

2023, et une évidence

En 2023, dès l'arrivée de ChatGPT, j'ai compris que quelque chose venait de basculer. Pas seulement un nouvel outil à tester, mais un changement profond dans la manière d'apprendre, de produire, de raisonner… et donc d'enseigner.

Je n'ai pas eu envie de regarder ça de loin. Au contraire : j'ai voulu m'impliquer tout de suite et interroger ma pratique. Si l'IA arrive dans la vie des élèves, alors elle doit aussi entrer dans la classe… mais avec un cadre, une intention pédagogique, et une posture claire.

Si l'IA arrive dans la vie des élèves, alors elle doit aussi entrer dans la classe.

— Mathilda Michel

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La méthode

Les élèves au centre, pas l'outil

Très rapidement, j'ai commencé par faire ce qui me semble essentiel : interroger mes élèves. Comment l'utilisaient-ils ? Pour quoi faire ? Qu'est-ce que ça changeait dans leur manière de travailler, de réviser, de comprendre, de produire ?

Au lieu de transformer l'IA en sujet tabou, j'ai choisi de les placer au cœur de la réflexion : leurs usages, leurs choix, leurs réflexes. Parce que c'est là que tout se joue. Et parce qu'on ne peut pas accompagner ce qu'on refuse de regarder.

3
Le questionnement

Une remise en question… productive

Cette entrée par les élèves m'a obligée à me poser des questions très concrètes — parfois inconfortables, mais nécessaires :

→ Qu'est-ce que j'évalue vraiment : la réponse ou le raisonnement ?

→ Comment utiliser les outils au service de mes élèves ?

→ Comment rester juste, sans installer une culture de la suspicion ?

→ Comment faire évoluer mes pratiques pour rester exigeante… et utile ?

C'est à ce moment-là que ma démarche s'est structurée : non pas autour de l'outil, mais autour de ce que je veux renforcer chez mes élèves — la méthode, l'esprit critique, la clarté, la progression.

4
La conviction

L'IA ne baisse pas l'exigence : elle permet d'aller plus loin

Je pense vraiment que l'IA, au fond, ne sert pas à "faire à la place". Elle sert à aller plus loin. Bien utilisée, elle me permet même d'être plus exigeante envers mes élèves : parce qu'on ne s'arrête plus à une réponse "correcte". On peut travailler ce qui compte vraiment : la méthode, le raisonnement, la justification, et la capacité à faire des choix.

Formuler

une demande claire

Tester

comparer, vérifier

Améliorer

itérer, affiner

Créer

pas recopier

Au fond, l'enjeu n'est pas "d'avoir la réponse". L'enjeu, c'est d'apprendre à penser, à structurer, et à aller plus loin — avec ou sans IA.

5
L'envie de transmettre

Pourquoi je propose des formations

À force d'expérimenter, j'ai vu à quel point une même question revenait chez beaucoup de collègues :

"Ok… mais concrètement, je fais comment ?"

C'est là que l'envie de transmettre s'est imposée. Je veux partager un savoir-faire construit au fil des essais, des ajustements, des réussites et des points de vigilance — pour que chacun puisse avancer plus vite, avec plus de clarté, et sans se sentir seul face à ces transformations.

Ce que je partage :

→

Les méthodes qui fonctionnent vraiment en classe

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Les cadres simples qui sécurisent enseignant et élèves

→

Les scénarios pédagogiques qui évitent de réinventer la roue

→

Une posture commune : exigeante, lucide et constructive

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Sur Instagram

mathilda.maiami

Je partage l'actualité de mes formations et mes réflexions sur l'intelligence artificielle dans l'enseignement sur Instagram, avec le compte mathilda.maiami. J'y publie des idées, des retours d'expérience de classe et des ressources concrètes à utiliser dès demain avec vos élèves ou vos étudiants.

Mon fil conducteur reste le même : aider les enseignants à utiliser l'IA sans la subir. L'IA ne baisse pas l'exigence, elle permet d'aller plus loin, à condition de garder un cadre clair, de l'esprit critique et la maîtrise de ses choix pédagogiques. C'est ce que je teste en classe avec mes étudiants de BTS, et c'est ce que je transmets dans mes formations.

L'histoire du nom

Pourquoi maIAmi ?

MA

Ma méthode, mon cadre, mon exigence

IA

L'intelligence artificielle, outil puissant… quand on sait s'en servir

AMI

Un IAmi : un partenaire qui aide à aller plus loin, plus vite, plus fort

Mais un IAmi, ce n'est pas une béquille : ça demande de l'entraînement.

Sans méthode, l'IA donne une réponse. Avec méthode, elle fait progresser : raisonnement, structure, créativité, autonomie.

Ton IAmi pour performer.

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Mer. 25 novembre · 9h → 12h

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Questions fréquentes

maIAmi · Atelier IA Éducation

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